Meurtre d'Agnès: le droit à l'information
Nos politiques, qui se targuent à longueur de journées de faire de notre sécurité un enjeu essentiel, sont une fois de plus contredits par des faits effroyables.
Ils vont assurément, dans la précipitation d'un calendrier électoral et sous l'influence d'une opinion légitimement traumatisée, au coin d'une table, rédiger un texte de circonstance dont, un fois de plus, l'inefficacité sera contenue dans son libellé. S'éloignant toujours un peu plus de l'évidence, ils vont longuement réfléchir à « faire partager un secret » (qui n'en sera plus un !) ou inventer une autre proposition grotesque déconnectée de la réalité.
Dans la mesure où la Justice n'est pas une science exacte, au même titre que la psychiatrie, il paraît difficile de demander à l'une de libérer un malade dangereux au vu d'un rapport qui par nature s'avère être inexact et émanant de l'autre !
Pourquoi ne pas réfléchir à ériger une hiérarchie des principes, au même titre qu'existe une hiérarchie des normes ?
Ainsi, et dans le doute d'une science inexacte, le principe de précaution devrait légalement primer celui de la présomption d'innocence.
D'aucuns esprits chagrins s'insurgent sur le fait que porter à la connaissance générale des faits non jugés porterait atteinte à la présomption d'innocence. Cet excès de pudeur dans notre société exhibitionniste est certes honorable, mais véritablement dépassé : dès lors qu'un individu, susceptible de porter atteinte à la sécurité physique de ses concitoyens, circule librement et sous contrôle judiciaire, tout un chacun est en droit d'en être informé.
Le droit pour un individu potentiellement dangereux et sous contrôle judiciaire d'avoir la liberté de circuler doit s'accommoder du droit à la diffusion de cette information. A défaut , il faut efficacement interdire cette liberté au nom d'un principe général de précaution, qui ne préjuge en rien d'une déclaration ultérieure d'innocence... qui serait de toute manière largement médiatisée.
Une telle mesure peut être ordonnée immédiatement.
Elle permettrait certainement et en outre de limiter les cas de récidive dans les affaires d'atteinte à l'intégrité physique des personnes.
Thierry GIORGIO
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