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Lettre reçue de la part de Michel GIRAUDET, ancien directeur général des services de la Mairie de Menton en 2003/2004.
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"A NICE – MATIN dans le cadre de la rubrique « posez vos questions aux candidats »
J’ai appris que, lors des prochaines élections municipales, Thierry GIORGIO allait « oser » se présenter à Menton.
En effet, à travers un dépliant intitulé « MENTON 2008, la campagne » qu’il a distribué en début d’année, j’ai retrouvé quelques observations judicieuses et quelques questions qu’il
se posait, tout comme moi d’ailleurs.
Je tenais tout d’abord à le féliciter pour son courage car il va se heurter à une véritable organisation prête à tout et je voulais savoir comment il réagirait s’il était élu ?
Permettez moi, à travers cette rubrique ouverte par le journal « NICE- MATIN » de vous transmettre d’une part, un témoignage personnel, lié à mon expérience professionnelle à la tête
de l’Administration de cette mairie pendant plus d’un an et demi et d’autre part, comme le suggère votre quotidien local, de poser quelques questions qui me préoccupent, ayant gardé de
nombreux liens affectifs et amicaux avec certains habitants de cette belle ville.
Je dois, dans un premier temps, revenir sur ce que, moi-même j’ai pu « subir » lorsque, après un an et demi de travail difficile, de nombreuse heures passées, de nuits blanches, il a
été décidé de se séparer de cet « empêcheur de tourner en rond », qui, commençait à prendre trop d’importance et à savoir trop de choses.. Il a fallu, alors, tout mettre en
œuvre, dans le mépris le plus total de l’être humain et des services rendus, pour essayer de prouver que ce cadre, comme d’autres avant et après lui, ne valait, tout d’un coup, plus rien, qu’il
était « nul, voyou, voleur, proxénète, » et j’en passe. Le chantage, la pression, le harcèlement (suivi en permanence, filatures en dehors du travail, photographié dans sa vie
privée, écoutes téléphoniques..) sont devenus alors le lot quotidien de ces personnes répudiées et de ma personne en particulier.
Tout cela, bien sûr, de manière indirecte, en utilisant des « hommes de main », prêts à tout pour satisfaire les donneurs d’ordre dont ils sont complètement dépendants. Ces
intermédiaires ont tout essayé pour me faire démissionner sans respecter mes simples droits de cadre, ils ont mis la pression sur certains agents pour leur faire faire de faux témoignages,
certains ont acceptés d’autres ont été plus honnêtes et courageux aujourd’hui ils sont en procès, ou dans un fond de bureau, ou ont été « virés ».
Heureusement, je ne me suis pas laisser faire et aujourd’hui j’ai retrouvé ma sérénité et mes compétences m’ont permis de retrouver un poste plus important, mais je regrette vraiment d’avoir dû
quitter Menton.
J’entends d’ici leur réponse « ces affirmations sont sans fondements ! »
Pourtant je peux vous certifier qu’en tant qu’ancien cadre supérieur de la Ville de Menton, ces affirmations sont fondées sur des faits précis dont je possède tous les éléments comme pour ceux
qui vont suivre.
Prenons, par exemple, le fonctionnement de l’Office de Tourisme de Menton pour lequel un audit avait été commandé par le Maire sur mon conseil et réalisé à l’époque où j’étais encore en
poste (sans doute cette démarche n’est pas neutre dans ce qui m’est arrivé !)
Qu’est devenu cet audit ? Que compte faire le candidat T. GIORGIO s’il est élu ?
Pourquoi la Mairie de Menton n’a jamais voulu en communiquer les résultats ? Pourquoi cet audit a toujours été gardé « top secret » par la Mairie alors même que cet audit a
été réalisé sur des fonds publics et que les habitants de Menton ont le droit de savoir ce qu’il révélait. Le publierez vous ?
Les résultats de cet audit sont-ils si compromettants que ceux-ci soient cachés à la population ?
Pourtant, par le plus grand des hasards, un nouveau Directeur de l’Office est arrivé peu de temps après. Qu’est devenu l’ancienne responsable nommée à l’origine par l’équipe en place et
confortée dans son poste pendant de très nombreuses années par celle-ci ? A-t-elle été remerciée pour « bons et loyaux services » ? Combien cela a-t-il coûté à la
collectivité et donc aux contribuables ?
Pour mieux comprendre comment tout ce système fonctionne, faisons un petit retour en arrière.
En son temps, je me suis aperçu , dans le cadre du travail de contrôle de gestion engagé, que l’ « Office du tourisme » ne fonctionnait pas correctement, que les déficits annuels
augmentaient sérieusement bien que l’activité touristique et les retombées économiques attendues ne suivaient pas la même évolution. A la suite de ce constat, et dans un souci de neutralité,
j’ai suggéré au Maire l’idée de lancer un appel d’offres pour la réalisation d’un audit. Il a accepté et un cabinet spécialisé dans les audits et les études sur le tourisme a été choisi.
Cabinet spécialisé, soit dit en passant dont les références nationales permettaient d’être assuré d’un travail de qualité.
Il m’a donc appartenu, jusqu’à mon départ « forcé » au milieu de l’année 2004, de suivre le travail réalisé par ce Cabinet et d’être donc informé des problèmes découverts au fur et à
mesure de l’avancée de la mission.
Ainsi, le travail réalisé par le Cabinet posait un certain nombre de questions fondamentales pour Menton, comme l’utilisation anarchique et risquée qui était faite du Palais de l’Europe et qui
semble perdurer.
Les premiers éléments d’analyse montraient en effet qu’il était des plus urgent de mettre en place une vraie réflexion sur cet équipement et de très rapidement prendre des mesures concernant la
sécurité des personnes et du personnel y travaillant. Par chance, rien de grave n’est survenu jusqu’à présent, mais si ça devait être le cas, quel est le « fusible » qui servirait à
préserver le Maire actuel ? Il suffit d’aller chercher le nom du responsable de la sécurité du Palais de l’Europe, déposé en Préfecture : ce n’est pas un membre de l’équipe en
place.
Les résultats mettaient en évidence également, un certain nombre de dysfonctionnements graves au sein de l’Office de Tourisme :
- un système de rémunérations illégales, avec des augmentations de salaires inimaginables (sur fonds publics)
-un système interventionniste de l’exécutif municipal, en particulier de la première adjointe, qui, officiellement n’occupe aucune fonction au sein de l’Office, et sans qui, pourtant,
rien ne peut se faire, alors même que l’Office du Tourisme possède un Conseil d’Administration qui devrait être souverain.
- un système de primes sans justification et sans fondement juridique pour lequel la justice pourrait être appelée, un jour, à se prononcer sur son caractère délictueux
- un système qui ferme les yeux sur d’invraisemblables gaspillages et une gabegie qui conduit à demander des subventions toujours plus conséquentes d’année en année aux collectivités sans
aucune valeur ajoutée apportée aux prestations.
Ces quelques points qui m’ont été communiqués à l’époque où j’étais encore en poste, et bien d’autres qui ont certainement été mis en exergue dans la suite du travail réalisé par le Cabinet à
la suite de mon départ, illustrent de manière très explicite la façon dont l’exécutif municipal peut gérer les résultats d’un audit qui devrait être public.
L’exemple de l’Office du Tourisme est, malheureusement, sans doute, l’arbre qui cache la forêt et il y a fort à parier que l’on retrouve ce système dans l’ensemble des entités où la
municipalité peut s’immiscer. Lancerez vous d’autres audits si cela apparaît nécessaire ?
Bon courage et bonne chance !!"